Seiki Shiatsu : soutenir le mouvement spontané de la vie

Posté par le 02/23/2016 | 5 Commentaires
Seiki Shiatsu : soutenir le mouvement spontané de la vie
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De retour d’une formation sur le  Seiki shiatsu avec Paul Lundberg, j’ai envie de partager avec vous sa vision du Shiatsu, qui résonne profondément en moi.

Le Shiatsu est une thérapie manuelle, oui, peut-être, mais l’enseignement de Paul nous emmène bien au-delà …

L’art du Shiatsu

Dans toutes les pratiques énergétiques, il y a le mot Art (art martial, art du thé, art du toucher). L’art implique un processus créatif, et une vision, celle de l’artiste face au monde et à la vie.
Pour moi, le Shiatsu est littéralement un art, et en tant que tel il fait appel à notre inspiration, dans son sens étymologique : être inspiré, habité par la vie.

L’espace de vie

La signification du mot Shiatsu se traduit généralement par pression des doigts, mais dans le premier livre écrit sur le Shiatsu, Tenpeki Tamai le définit comme « une méthode de guérison par pression des doigts » mais aussi « une place de repos et de récupération ».
Nous y voilà : une place, un espace pour permettre par le repos la guérison. Dans la nature, c’est la stratégie qu’adopte un animal malade. il s’isole et se met au repos, laissant ainsi la place à ses capacités intrinsèques de réparation de se mettre en œuvre.
Physiologiquement, c’est ce qu’induit le système nerveux autonome : grâce au repos, le système parasympathique s’active, et ceci stimule toutes les fonctions de régénération du corps.

Le rôle du praticien

Pour Paul Lundberg, le premier rôle du Shiatsuki est donc d’offrir au patient un espace sécurisé dans lequel il puisse se détendre profondément, pour se régénérer naturellement. Le rôle du praticien se définit ainsi très clairement par : celui qui en fait le moins possible mais qui permet de « laisse faire ».

Nous rejoignons ici la notion taoïste de « Wei wu wei », agir sans agir.
magnifiquement traduite par Lao Tseu :

 

On façonne l’argile pour en faire des vases,
mais c’est du vide interne
que dépend leur usage.

Une maison est percée de portes et de fenêtres,
c’est encore le vide
qui permet l’habitat.

L’Être donne des possibilités,
c’est par le Non-Être qu’on les utilise.

 

Le praticien travaille donc avec cette notion de vide : il cherche avant tout le vide en lui-même : vider son mental, vider son cœur, offrir un toucher le plus exempt possible de volonté (de guérir, de bien faire, de soigner, de montrer ses compétences de super guérisseur !). Un toucher silencieux… juste toucher et faire confiance au mouvement de la vie. C’est la définition même du Ki (Qi) : le mouvement, le souffle de la vie.

Seiki Shiatsu et mouvement spontané

Paul Lundberg enseigne ainsi le Seiki :

Sei signifie « le grand vide ».Celui qui permet le mouvement de la vie. Le rôle du praticien est donc avant tout d’écouter, de donner de l’espace. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne fait rien, mais il agit alors d’une façon juste, au bon moment.
« Il n’y a pas de différence entre toucher et ne pas toucher. Ce qui est important est d’être présent, avec le patient. »

La souffrance naît de l’idée d’être séparé. Mais si l’on comprend que ceci est une illusion, qu’à un niveau subtil, nous sommes tous reliés, ce que nous confirme la physique quantique, alors l’autre et nous même c’est la même chose. Alors toucher ou ne pas toucher, c’est la même chose. Alors soigner l’autre c’est se soigner soi-même. Regardez à ce sujet ce très beau documentaire  » le pouvoir de l’intention« .

La vie est spontanée, elle fonctionne toute seule. Nous respirons, nous digérons, nous grandissons, tout cela se fait sans besoin pour nous de le diriger consciemment. Cette spontanéité est le propre de la vie. Tout l’art du Shiatsu est donc de favoriser les conditions pour que ce mouvement spontané puisse s’exprimer.
Ce mouvement spontané, les orientaux l’appelle Ki (Qi).
Définir le Shiatsu comme une pression des doigts est donc très réducteur. D’abord parce qu’il n’y a pas de Yang sans Yin, donc pas de pression sans relâchement. Il est donc tout aussi important de presser que de se retirer. Et le plus important dans le mouvement du Yin/Yang, c’est le point d’inflexion entre les deux, la suspension, à la fin de l’inspir ou de l’expir. Car il s’agit là d’un espace vide où peut avoir lieu la transformation.
Le Seiki shiatsu  n’est donc pas un « traitement ». Il offre juste un espace de repos au patient, lui donne confiance et confirme sa capacité de vie.
Le principal travail du thérapeute devient alors  » un boulot sur lui- même » dixit Paul Lundberg.
Il s’agit « juste » de mettre du vide, de l’espace et du temps à l’intérieur de soi. Le chemin de toute une vie, bien au-delà de quelques années de formation en Shiatsu…

en savoir plus sur Paul Lundberg .

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5 Commentaires

  1. Fanny
    02/27/2016

    Merci Maëlla, c’est très chouette de te lire.

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  2. Ludovic
    11/24/2016

    Très bel article empli de sagesse et de poésie Maëlla!

    Répondre
  3. Lucie hole
    12/08/2016

    Je viens de lire votre article sur le shiatsu et le seiki shiatsu , qu’elle justesse ,ça résonne bcp en moi ,j’aime bcp cette notion de laisser à la Vie son espace de guérison
    un grand merci
    LH

    Répondre
    • Maëlla Caro
      02/05/2017

      Merci beaucoup, oui laisser couler et faire confiance au flux de la vie…

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